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le cri du peuple

Sécu : Le trou de Fillon

8 Juin 2007 , Rédigé par jacques vingtras Publié dans #lecridupeuple

Fin mai, la toute récente Ministre de la santé Roselyne Bachelot (ah bon ?) revoyait à la hausse le "trou de la Sécu",  peut être pour essayer de nous vendre les mesures envisagées. Selon les dernières estimations, il y aurait un dépassement de 1.1milliards d'Euros  des dépenses d'assurance maladie ce qui porterait le déficit pour ces seules dépenses à 5 milliards d'Euros. C'est exactement, sans que l'on puisse faire un lien direct entre les deux, la somme à laquelle s'élevait la dette de l'Etat à l'égard de la Sécurité sociale principalement due au titre de la compensation pour les allégements de charges sociales concédées aux entreprises.

Selon le premier ministre François Fillon il n'y aurait pas de quoi s'alarmer :    "quand on regarde les fraudes à la Sécurité sociale" a-t-il déclaré", c'est à peu près le même montant que le déficit. Il suffirait qu'on fasse tous un peu d'efforts (...). Là, il y a un petit dérapage, les efforts se sont un peu relâchés. Il faut resserrer quelques vis." Donc tout va bien. Fillon a trouvé les coupables : les fraudeurs de la Sécu. Il est fort. Parce qu'en toute logique, s'il y a quelque chose que l'on ne peut évaluer avec précision c'est bien la fraude qui par essence n'a pas vocation à être déclarée ! Et on peut se demander aussi pourquoi il tient tant à instaurer des Franchises s'il suffit juste de resserrer quelques vis !

Juste un petit rappel : un déficit se forme dans un budget quand les dépenses sont supérieures aux recettes. Pour réduire ce déficit on doit, toutefois si l'on veut agir, soit augmenter les recettes, soit réduire les dépenses soit les deux.

Maintenant si l'on étudie d'un peu plus prés les mesures envisagées pour combler le déficit de la sécurité sociale, tout comme celui du budget de l'Etat d'ailleurs, on constate que pour cette droite libérale qui aspire à nous gouverner, la solution passe bien sûr par une réduction des dépenses. C'est  ce qui devrait être mis en place avec les franchises sur les dépenses de santé qui devraient atteindre la modique somme de 40€ (encore le chiffre n'est il pas définitivement arrêté) par foyer ou assuré social qui ne seraient ainsi pas remboursé et qui devraient les payer de leur poche. A moins qu'ils n'aient eu la bonne idée de souscrire une assurance privée.

Outre le fait qu'une telle mesure s'avère d'ores et déjà insuffisante pour combler le déficit on remarquera encore une fois que seuls les assurés sociaux sont mis à contribution (en langage libéral on dit "responsabilisés"). Et aussi que l'instauration de ces franchises revient de fait à sortir du systéme de remboursement les quelque 20 à 30% de personnes dont les remboursements sont inférieurs à 40€ par an. De plus ces franchises qui sont forfaitaires toucheront de manière indifférente tous les assurés sociaux quelque soit leur revenu et ainsi affecteront proportionellement plus les faibles revenus que les hauts revenus.

Par ailleurs, exonérées partiellement ou totalement (rien n'est encore fixé si l'on en croit les déclarations contradictoires des ministres et du président) de charges sociales, les déjà fameuses (fumeuses ?) heures supplémentaires ne devraient en toute logique générer aucune nouvelle recette. Voire, étant donnée la facheuse habitude qu'ont les gouvernements de ne pas verser complétement la compensation, on risque à terme de se retrouver avec un déficit un peu plus important.

Une autre solution a été plusieurs fois évoquée par le candidat Sarkozy : celle de la TVA sociale.

En gros il s'agit de baisser les charges sociales patronales pour faire baisser le cout du travail et d'augmenter le taux de TVA dont une partie irait dans les caisses de la Sécurité sociale pour compenser le manque à gagner. On estime que pour que cette mesure soit efficace il faudrait augmenter le taux normal de 3% (comme l'ont fait les Allemands). Ce qui ferait passer le taux normal français de 19.6 à 22.6% soit l'un des taux les plus hauts d'Europe (l'Allemagne étant passé à 19%). Bien sûr le nouveau taux s'appliquerait logiquement sur des prix hors taxe diminués de la baisse des charges sociales patronales pour les produits fabriqués en France. Toutefois on peut supposer que nombre d'entreprises seront tentées, pour augmenter leur marge, de ne pas répercuter intégralement la baisse de charges sociales et pour les produits étrangers (Europe comprise) leur prix seront maintenus. Ce qui induira de fait une perte de pouvoir d'achat pour l'ensemble des consommateurs. Et encore une fois compte tenu de la part des revenus consacrée à la consommation qui diminue en même temps que les revenus augmentent la perte de pouvoir d'achat serait proportionnellement plus importante pour les bas  que les hauts revenus.

Ainsi se dessinerait la société libérale voulue par Sarkozy et Fillon, avec d'un coté les nantis à qui on offrirait force cadeaux fiscaux et autres et qui gagneraient plus (sans forcement travailler plus), et de l'autre coté un part de la population de plus en plus nombreuse qui verrait sa protection sociale remise en cause et son pouvoir d'achat rogné.

A la veille d'élections législatives pour lesquelles on nous prédit un Tsunami UMP(Union des Minables Parlementaires ou Union des Ministres Pitoyables) il semble juste de rappeler cela aux votants. Surtout quand un sondage nous apprend que 61% des personnes interrogées sont contre l'instauration de franchises sur les frais médicaux.

Tenir et Résister

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