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le cri du peuple

Le renoncement

27 Juillet 2014 , Rédigé par le cri du peuple

Le 6 mai 2012, on pensait être enfin débarrassés de Sarkozy. Si le personnage n'est plus présent que par intermittence et la plupart du temps pour évoquer ces déboires politico-judiciaires sa politique économique, elle, est hélas toujours là.

On savait bien que Hollande n'est pas ce qui ce fait de plus à gauche au PS. Mais on pouvait penser que devant le constat d'échec de la politique ordonnée par Merkel et appliquée presque au pied de la lettre par Sarkozy et Fillon, en pragmatique qu'il se prétendait être, il essayerait d'infléchir la politique économique en Europe vers une réelle politique de la demande. On attendait aussi que le prétendu "ennemi de la finance" qu'il disait être s'attaque enfin aux vrais pourvoyeurs de la crise : la finance et les banques.

Effectivement au début de sa prise de fonction nous avons eu de belles déclarations : il allait demander, voire exiger de Merkel d'accorder plus d'importance à la croissance en Europe là où Merkel donnait la priorité à la rigueur, il séparerait "les activités des banques qui sont utiles à l'investissement et à l'emploi de leurs activités spéculatives"...

Hélas tout n'est resté que paroles.

En fait de politique de la demande il proposait dés 2013 le CICE (Crédit d'Impôt Compétitivité et Emploi) qui n'est ni plus ni moins qu'une énième mesure visant à baisser les charges salariales des entreprises avec il est vrai une contrepartie de financement de l’amélioration de la compétitivité des entreprises à travers notamment des efforts en matière d’investissement, de recherche, d’innovation, de formation, de recrutement, de prospection de nouveaux marchés, de transition écologique et énergétique et de reconstitution de leur fonds de roulement(ouf!!!) En clair tout sauf la distribution directe de dividendes mais ce que le CICE permet de financer n'étant pas financé par la marge peut être intégré dans les bénéfices et redistribué en dividendes.

Le plus fort c'est que la mesure est financée grâce à une augmentation de la TVA (mais attention on ne parle pas de TVA sociale comme Sarkozy). Et qui dit augmentation de la TVA dit baisse du pouvoir d'achat qui sera plus fortement ressentie par les ménages les plus modestes.

Le succès de ce cadeau fiscal fait aux entreprises n'est pas au rendez vous. A croire que nombre de chefs d'entreprise sont plus que méfiants et pourtant on ne peut pas dire qu'ils aient beaucoup de contraintes.

Au vu de ça le Président de la République qui devient un Président "normal" en cela qu'il est de plus en plus enfermé dans son cocon et qu'il ne tient pas les promesses faites pendant la campagne (comme tous ces prédécesseurs), décide au début de l'année 2014 d'en rajouter une couche avec son pacte de responsabilité.

Pour faire court il propose encore une fois de baisser les charges salariales des entreprises de 10 milliards ( principalement avec la fin des cotisations familiales) en contrepartie de la création d'emplois (le grand comique Pierre Gattaz en a promis pas moins de 1 million). Les exonérations de cotisations sociales seront financées par une réduction de la dépense publique et la lutte contre la fraude.

On notera au passage une petite erreur de sémantique : on ne doit pas parler de réduction de la dépense publique mais d'un transfert de dépense puisque les exonérations consenties aux entreprises doivent normalement être compensées par des versements du budget de l'état vers les caisses d'allocations familiales. Ces versements deviennent donc des dépenses publiques!!!! A moins que le gouvernement ne décide de baisser ou supprimer certaines allocations familiales.

Et encore une fois si les mesures en faveur des entreprises sont relativement précises et chiffrées les contreparties restent dans un flou même pas artistique.

De l'ennemi de la finance au copain des banquiers

Là où Hollande a été vraiment en dessous de tout c'est dans la mise au pas des banques.

On est passé de "mon véritable adversaire c'est le monde de la finance " (François Hollande au Bourget 22 Janvier 2012) à "notre amie c'est la finance la bonne finance" (Michel Sapin ami et ministre des finances de François Hollande 06 Juillet 2014)

Dans les 60 engagements du candidat socialiste on pouvait lire :

7 – Je veux mettre les banques au service de l’économie

Je séparerai les activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi, de leurs opérations spéculatives. J’interdirai aux banques françaises d’exercer dans les paradis fiscaux. Il sera mis fin aux produits financiers toxiques qui enrichissent les spéculateurs et menacent l’économie. Je supprimerai les stock-options, sauf pour les entreprises naissantes, et j’encadrerai les bonus. Je taxerai les bénéfices des banques en augmentant leur imposition de 15 %. Je proposerai la création d’une taxe sur toutes les transactions financières ainsi que d’une agence publique européenne de notation.

C'est beau comme l'antique on croirait presque lire du Keynes

Hélas rien ou presque n'a été fait.

La loi de réforme bancaire a été adoptée par le parlement en Juillet 2013. En fait de séparation la loi impose aux banques de créer une filiale autonome qui regroupera toutes les activités hautement spéculatives du groupe, le ministre de l'économie pourra plafonner la tailles des activités de la banque sur les marchés en fixant un seuil au-delà duquel les activités de tenue de marché sont filialisées.

En clair cela veut dire que les banques pourront continuer à jouer en bourse jusqu'à un certain seuil au delà duquel elles devront créer une filiale. Pas vraiment de quoi inquiéter les banques.

Depuis plus de deux ans qu'il est en fonction, François Hollande a contribué avec ses renoncements successifs devant les vraies réformes à mener en rupture réelle et concrète de ce que faisait son prédécesseur à la perte de la gauche dans ce pays.

Lui président de la République a renoncé à mener une politique de la relance par la demande cédant aux patrons les plus réacs et autres sociaux libéraux dont il se prétend aujourd'hui être

Lui président de la République a renoncé à entreprendre une véritable réforme du système bancaire et financier probablement à cause du syndrome de Stockholm dont est victime la quasi totalité des dirigeants Européens pris en otages par un système financier triomphant.

Lui président de la République a renoncé à infléchir et changer la politique de l'Europe et de l'Euro et à imposer au peuple français une austérité jamais atteinte

Lui président de la République a renoncé à la transition énergétique.

Lui président de la République a renoncé......

Tout ces renoncements conduisent inéluctablement à la chronique d'une mort annoncée : celle d'une gauche prétendument responsable (mais pas coupable!) incapable de mener une véritable politique de progrès sociale.

Tenir et Résister

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Info 02/03/2015 13:42

Très bon texte que je partage.
J'ai considéré Sarkozy comme la gangrène, mais aujourd'hui, la gangrène est généralisée!! :'(

serrurier paris 18 30/07/2014 17:29

Je vous applaudis pour votre article. c'est un vrai état d'écriture. Continuez


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