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le cri du peuple

Le silence des veaux

4 Mai 2010 , Rédigé par le cri du peuple

Dimanche dans le JDD, le conseiller aux affaires sociales de l'Elysée, Raymond Soubie estimait que l'Elysée avait gagné une partie de la bataille de l'opinion sur la question des retraites. Selon lui les chiffres relativement faibles des défilés de la veille 1er Mai, semblent indiquer qu'«une large partie des Français considère qu'une réforme est inéluctable».

 

Ben voyons! Ca fait plus d'un an qu'on nous bassine avec la réforme des retraites qui est "indispensable" pour péréniser notre systéme social et bla bla et bla bla.....

Celui ou celle qui aprés un tel bourrage de crane penserait qu'il n'y aura pas de réforme des retraites n'aurait pas lu un seul journal, écouté un seul bulletin d'info à la radio ou regardé un seul JT depuis au moins 18 mois.

Tout le monde en France et même au dela sait qu'il y aura une réforme du régime des retraites. Et on peut même en soupçonner certains de craindre que la réforme sera, selon la terminologie usitée par Luc Chatel récemment, "politiquement courageuse" ce qui en clair pourrait se traduire par "socialement douloureuse".

 

Donc on peut dire que la faible mobilisation du 1er mai n'est pas due à la prise de conscience par les masses laborieuses de l'inéluctabilité de l'abattage à coup de hache du systéme des rétraites par Sarkozy et sa bande mais doit beaucoup plus au fait de la division syndicale, des vacances scolaires ou que le jour du travail en cette année de grace 2010 tombait un Samedi. A cela vous rajoutez une météo plutot incertaine et vous avouerez qu'il n'y a guère de quoi inciter le prolo inquiet pour sa retraite à battre le pavé.  

 

Fort de cette "victoire", l'Elysée a, dès Lundi, utilisé une technique qu'il adore particulièrement : le lacher de ballon. Rappelons que cette technique consiste par l'intermédiaire d'un média à faire courir une information officiellement officieuse pour voir quelle réaction elle provoque dans l'opinion. Si la réaction est négative on s'empresse de démentir l'information si la réaction est positive ou tout du moins nulle on confirme l'information.

 

Ainsi Lundi matin donc, le "Monde" annonçait que Sarkozy, fidéle à sa pratique de l'écoute des commissions, tables rondes ou concertation qu'il a mis en place à grand renfort de publicité, aurait déjà décidé de reculer l'age de la retraite à 61 ans en 2015, 62 ans en 2020 et 63 ans en 2030.

 Le journal du soir qui parait le matin, précisait même que si politiquement le chef de l'UMP ne peut attaquer de front l'age légal de départ à la retraite, il s'ingenierait à "vider la barrière des 60 ans de sa substance. Soit en renforçant la réforme Fillon, en exigeant encore plus de trimestres de cotisation. Soit en instituant une décote dissuasive pour ceux qui choisiraient de partir en retraite avant les 61, 62 puis 63 ans."

C'est un peu "travailler plus longtemps pour éviter de gagner moins"

Il va s'en dire que le ministre du travail Eric Woerth le cost killer est d'après le journal "réticent à cette hypothése".  Attention il est réticent et non opposé. Vous saisissez tout de suite la nuance. En clair si Sarko demain enfin à la fin de la concertation lui demande de mettre en place ces mesures, Woerth les mettra en oeuvre avec réticence peut être .

Pas besoin d'avoir fait l'ENA (et peut être même il vaut mieux ne pas l'avoir fait) pour comprendre qu'à terme si aucune mobilisation massive des syndicats mais surtout du peuple ne se fait et bien l'age de la retraite sera toujours officiellement à 60 ans mais celui ou celle qui voudra partir à cet age là n'aura droit qu'à une aumone pour seule pension.

 

Décidément Lundi a été une journée riche en lacher de ballon (peut-être l'approche de la coupe du monde) puisque les Echos nous infomait que "le ministère de l'Economie étudie la possibilité d'étendre le forfait social, cette contribution de 4% à la charge des employeurs, à certains revenus encore exonérés de cotisations", comme "les chèques vacances, les titres restaurant, les avantages accordés par les comités d'entreprise, les chèques emploi-service préfinancés ou les indemnités de rupture (pour les licenciements et les départs en retraite)". En clair Bercy envisagerait de taxer ces différents avantages sociaux. En 2008 l'ensemble de ces avantages a représenté la somme de 8.8 milliards d'€ ce qui donnerait 352 millions d'€ de recettes si la mesure avait été appliquée.

On se souviendra que la cour des comptes alors dirigée par Séguin, avait en 2007 estimé le manque à gagner généré par l'exemption de cotisations sociales sur les stocks options à 3 milliards d'euros.  Certes depuis des dispositions ont été prises pour taxer les stock options mais on est encore loin du compte. Ainsi la taxation à 12.5% (10% pour les entreprises 2.5% pour le bénéficiaire) n'aurait rapporter que 1 milliard d'€uros. Il en est de même pour les parachutes dorés.

Ainsi Lagarde leste avec les comptes publics, s'en prend encore une fois aux moins riches. Si elle veut vraiment combler les déficits la solution qui s'impose est la suppression de toutes les niches fiscales et sociales et surtout l'abandon pur et simple du bouclier fiscal qui alors qu'il était sensé stoppé une prétendue hémorragie fiscale due à l'évasion vers des paradis artificiels de certains fortuné n'a aucunement empéché le nombre d'évadés fiscaux de progresser entre 2007 et 2008.

 

On voit bien comment fonctionne ce gouvernement. A l'image de son chef il fait des effets de manche pour épater la galerie alors qu'en coulisse il rend de petits ou grands services à ses amis. Quand une réforme importante doit être menée il prend les décisions puis convoque une commission sensée réfléchir sur la réforme à conduire et avant que la commission ait remis son rapport il lache quelques ballons pour sonder l'opinion espérant  que seul y répondra le silence des veaux que sont pour lui les citoyens de ce pays. 

 

Tenir et Résister 

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