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le cri du peuple

Avec Sarko l'addition c'est toujours pour nous

9 Décembre 2009 , Rédigé par le cri du peuple

Le 28 avril 2009 lors d'Etats généraux de la restauration 9 organisations professionnelles de la branche avaient signé un  "contrat d'avenir" qui officialisait les engagements qu'elles prenaient en échange de la baisse de la TVA  de 19.6 à 5.5%. 
Les trois principaux engagements étaient la répercution  intégrale de la baisse de TVA au client sur au moins sept produits d'une liste de dix, l'augmentation des investissements consacrés à la modernisation de leurs entreprises  et la création en deux ans de 40.000  emplois (20.000  CDD et CDI et 20.000  contrats d'apprentissage ou de professionnalisation) ainsi que l'ouverture de négociations avec les partenaires sociaux sur la rémunération, la formation et la protection sociale des salariés.
Rappelons que la baisse de la TVA sur la restauration coutera à l'Etat en année pleine 2.4 milliards d'Euros.  Enfin quand on dit qu'elle coutera à l'Etat c'est plutot aux contribuables qui ne bénéficient d'aucun bouclier fiscal et autres gateries fiscales.
Quand on voit l'impact ou plutôt la quasi absence d'impact de la baisse de TVA sur les prix on peut légitimement avoir des doutes sur l'attachement qu'ont les professionnels de la profession à tenir leurs engagements.
Déjà la baisse proposée sur seulement 7 articles d'une carte qui en moyenne en compte une bonne trentaine ne devait diminuer l'addition que de  3%  (loin des 11.8% qu'aurait engendré un répercution de la baisse de la TVA sur l'ensemble de la carte). Les statistiques de l'INSEE laissent aujourd'hui transparaitre une diminution constatée des prix de la restauration de 1.5% et encore les prix auraient augmenté de 0.1% en octobre. Mieux sur un an les prix ont baissé de 0.5% dans les restaurants et 0.3% dans les cafés. En clair les taverniers avaient probablement augmenté leur prix en prévision de la baisse de la TVA mais une fois la TVA descendue à 5.5% ils n'ont pas ou peu répercuté la baisse sur leur prix. Tout benef pour eux. 
Mais alors que fait le gouvernement qui a validé le fameux contrat d'avenir ? En clair rien de concret et surtout rien de contraignant. Il multiplie les déclarations plus guerrières les unes que les autres. Ainsi après le rejet de l'amendement de communication électoraliste du Sénat qui remettait la TVA à 19.6%, Luc Chatel a dit que cela constituait un avertissement. Attention ça doit frémir dur dans les cuisines.


Sur le deuxième volet des promesses de la restauration c'est à dire  les investissements, l'évaluation à l'heure actuelle est trés difficile voire impossible à faire.

Enfin sur le dernier point, l'emploi : l'échec des récentes négociations entre organisations salariales et patronales semble indiquer que les restaurateurs sont aujourd'hui moins entousiastes à faire profiter leurs employés de la baisse de la TVA. Ils pourront toujours prétexter que l'application du nouveau taux de TVA à mis fin au dispositif qui allouait une prime de 180€ mensuel par salarié plus communément connu sous le nom de prime "Sarkozy". Le gouvernement en réponse à cette attitude peu coopérative des bistrotiers a menacé de revenir sur les différents dispositifs d'allégement de charges sociales dont bénéficient encore les entreprises de restauration au même titre que n'importe quelle autre  entreprise. En particulier tous les dispositifs Fillon ou ce qui les a remplacés (allégement dégressif en fonction du niveau de salaire jusqu'à 1.6 SMIC).  Ainsi on apprend que malgré l'augmentation de leur gain de 8.3% (pour ceux qui appliquent la baisse sur les prix) sans qu'ils aient déboursé un seul centime supplémentaire il bénéficient encore d'allégements de charges sociales. Et comme toujours qui dit allégements dit manque à gagner pour la Sécu et compensation (et encore pas toujours) par l'Etat et donc augmentation des dépenses. Et comme les recettes baissent du fait entre autres de l'abaissement de la TVA  le déficit augmente. Rappelons qu'un déficit a toujours un coût présent  avec la diminution des effectifs de la fonction publique  ou l'abandon de services publics pour diminuer les dépenses. Mais il a aussi un coût futur avec le paiement du service d'une dette que l'Etat est obligé de contracter pour faire face à ses échéances. 
Et donc en finalité comme toujours avec Sarko l'addition c'est pour nous. 

Tenir et Résister 

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philippe 24/01/2010 20:19


Je ne sais pas s'il y aura un sursaut du peuple, mais je l'espère, les politiciens ont tellement mentis que c'est compliqué aujourd'hui. Alors que la politique devrait permettre le débat,
l'achange, c'est tout l'inverse...


joel 09/12/2009 13:42


mais Zorro Sarko , est arrivé , pour rassurer nos filous !