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le cri du peuple

Pour quoi les Français votent ?

21 Janvier 2007 , Rédigé par jacques vingtras Publié dans #lecridupeuple

L'autre jour une personne disait  qu'elle ne voterait pas pour Sarkozy parce qu'il "avait mis des radars partout" et une autre de lui répondre qu'elle ne voterait pas  pour Royal parce qu'elle "était psychorigide". Et le soir sur Arte était diffusé "Poison d'Avril", excellent téléfilm  mélangeant images de fiction et extraits de "vrais" journaux télévisés qui montrait  comment, en 2002, des média (plus particuliérement les télévisions TF1 ou France 2) à la botte du RPR avait fait monter le sentiment d'insécurité pour amener Le Pen au deuxiéme tour de l'élection présidentielle (probablement parce que Chirac craignait d'être battu par un Jospin au deuxième tour).

Tout ceci peut nous faire nous poser la question : pour quoi votent les Français ? Ou dit autrement : quels sont les motifs qui font que l'on choisit tel ou tel candidat ?

Je pense qu'une minorité des Français font leur choix après une analyse des différents programmes ou projets, quand il y en a, qui d'ailleurs sont souvent incompréhensibles ou alors ne se résument qu'à un bazar à la Prèvert de promesses  où chacun peut y trouver son bonheur.

Une partie  fait son choix par habitude ou par sentiment d'appartenance ou de rejet de l'autre obédience : on a toujours voté à gauche dans la famille ou on ne se reconnait pas dans la droite. A ce propos si vous demandez aux gens pourquoi elles sont de gauche ou de droite elles ne pourront pas vous le dire précisément. Elles pourront vous parler de valeurs communes : la générosité pour la gauche et l'ordre pour la droite par exemple (alors même que l'on ne saurait dire que la droite ne sait pas être généreuse et que la gauche c'est le désordre) ou de sentiments mais la plupart du temps elles auront du mal à vous l'expliquer.  

Une autre part importante de la population fait son choix en fonction du bilan réel (quand on peut le connaitre) ou apparent (le plus souvent) des différents candidats dans leurs fonctions. Mais le plus souvent le choix est opéré par rapport à une mesure dont on a été victime ou bénéficiaire : les radars sur les routes par exemple.

Le choix sur le bilan peut se faire aussi sur un bilan ressenti (ou que l'on vous fait ressentir) : l'incurie des socialistes à conjuger une supposée croissance de l'insécurité en 2002.

Certains électeurs, probablement nombreux aussi, se déterminent en fonction de la personnalité voire du physique des candidats : Royal la psychorigide ou la belle femme, Sarkozy le beau parleur ou l'agité...... D'autres encore se réferrent à une attitude (le roquet Fabius en 1986) la phrase d'un débat ( "Si je suis l'homme du passé vous êtes celui du passif "de Mitterrand en 1981)  voire à la marionnette du candidat à la télé (Chirac aux guignols de l'info en 1995).

De tout ceci il ressort que les programmes ou projets ont une importance toute relative dans le choix des Francais. Et  aussi que souvent on vote plus contre l'adversaire que pour le candidat (au deuxième tour bien sur). Je pense que la gauche si elle veut l'emporter; elle doit effectivement avoir un projet qui doit être réellement ancré dans le social et l'égalité et qui doit ne pas hésiter à remettre en question tous les cadeaux que l'actuel gouvernement a fait aux plus aisés (qui de toute façon ne voteront pas pour la gauche). Mais elle doit surtout inlassablement montrer ce qu'est le bilan réel du gouvernement et surtout bien sur de son sinistre de l'intérieur.

Tenir et Résister 

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dv 03/02/2007 14:09

Bon, j\\\'espère que les gens ne sont pas des \\\'veaux\\\' cette fois ci, mais qu’ils sont lucide. Avec Sarkozy on ne peut pas bâtir un futur car il ne résolus pas les causes des problèmes.
 

 

Martin P. 24/01/2007 00:00

Il faut insister sur l'aveu: sarko a changé, il y avait donc un souci "avant".
Peut-être est-ce surtout qu'il a compris que Chirac n'irait pas. Or sans Chirac, pas de sarko paradoxalement! Chirac est le seul et unique socle de la "rupture", le punching-ball rêvé, la cible facile qui justifiait tous les excès, le point de comparaison en regard de qui tout pouvait passer.
Chirac hors-jeu, cela pose aussi la question de ce que l'on gagne au change. Or l'exercice d'inventaire-héritage risquait de faire apparaitre un quiproquo total:
* Au titre de l'héritage on trouvait cette manière d'oser toutes les impostures, toutes les grosses ficelles, toutes les contradictions, tous les opportunismes, et surtout une certaine tendance à asservir ses petits camarades, beaucoup plus qu'à les rassembler. Bref, tout le cynisme politicien était conservé, tout le monde l'avait bien compris.
* Le souci, c'est qu'au titre de la rupture étaient écartées les vertus: le fameux caractère "sympa", la réconciliation, le gaullisme social, la laïcité, le rempart contre lepen, le multilatéralisme. Au profit de la nervosité, de stigmatisations incendiaires, de provocations antisociales, d'une rhétorique anxiogène, d'une idéologie identitaire, néolibérale, génératrice de division et de renoncement au génie français.
Voilà pourquoi il fallait "changer", devenir de toute urgence sympa, social et gaulliste. Maintenant la question est: quel crédit lui donner? est-ce qu'il suffit de tomber la cravate?
http://sauce.over-blog.org/

roi bourdieusien 22/01/2007 14:39

des sociologues comme raymond Boudon se sont penchés sur ce paradoxe: pourquoi voter, alors que notre bulletin n'est pas decisif et que cela ne nous rapporte rien directement:3comportements apparaissent des etudes:-les ritualistes: ayant l habitude d'aller voter, car "il faut voter"-les rétribués: car ils ont un interet a aller voter-les convaincus: car la politique fait partie de leur être...

d3log 22/01/2007 08:15

Tu as malheureusement raison... Et c'est peut-être aussi pour ça que nos politiques ne se cassent plus le cul pour nous pondre un programme. C'est plus payant de travailler son côté sympa, in, cool...