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le cri du peuple

Fillon : merci patrons !

20 Mars 2009 , Rédigé par jacques vingtras

Alors même que le pavé était encore chaud de l'une des plus vastes mobilisations qu'a connu la France ces dernières années, le premier ministre François Fillon intervenant à la télé annonçait d'emblée qu'il n'y aurait pas de nouveau plan de relance. Et sans doute pour apaiser des esprits déjà bien agités, il est parti de sa petite diatribe contre cette "partie du patronat qui n'a pas l'air de comprendre la gravité de la situation et le sentiment d'injustice" des Français, et qui se sert des "salaires astronomiques". Il a d'ailleurs rappelé "J'ai donné à Mme Parisot  jusqu'au 31 mars pour faire des propositions" sinon il se verrait dans l'obligation de "légiférer sur la question". Un peu plus et il nous annonçait qu'à l'instar d'un Obama il mettrait en place un salaire maximum.
Son discours avait des accents Sarkozyens : juste de la  gesticulation pour faire distraction et ne pas répondre aux vraies questions et revendications des défilés et surtout de ces masses de Français qui soutenaient le mouvement même s'ils n'y participaient pas.
Franchement pour celui qui avait défilé pour demander un salaire plus décent ou juste pour garder son salaire, la baisse des rénumérations de quelques potentats ne constituait pas sa première revendication. Et puis même si, ce que ne propose pas Monsieur Fillon, on redistribuait une partie des bonus de ces patrons (peu nombreux) aux millions de salariés qui demandent une hausse de leur pouvoir d'achat cela ne ferait pas grand chose. Attention il n'est bien sûr ici pas question de défendre ces chancres qui se nourrissent grassement malgré la crise. Je suis même de ceux qui pensent qu'il serait bien de mettre en place un salaire maximum (comme il existe un SMIC) et un prélévement de 80% sur les stocks options et autres bonus.
Non ce qui est dénoncé ici c'est la posture voire l'imposture d'un gouvernement qui dès qu'il s'agit de s'en prendre aux nantis reste dans la déclaration d'intention alors que quand il s'agit de la France d'en Bas il est déjà dans la mesure ferme et contraignante. 
Et puis venant de quelqu'un qui n'hésite pas à abuser des moyens de la république (les avions) pour un usage personnel (comme le révéle le "canard") la déclaration ne manque pas d'un certain piquant et révéle bien là l'état d'esprit dans lequel se trouvent les dirigeants de ce pays qui donnent en grand dans le "Faites ce que je dis mais ne dites pas ce que je fais".
Tenir et Résister

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