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le cri du peuple

Crise de foi

28 Février 2009 , Rédigé par jacques vingtras

L'absence de croissance du PIB est elle un mal ?
Rien n'empéche d'imaginer une société dans laquelle chaque individu qui la compose a pu obtenir satisfaction de ses besoins et que l'ensemble de ces satisfactions individuelles s'équilibre de la même manière que durant la période précédente.
Ainsi prenons une société ou une communauté regroupant tous les agents  (ménages, entreprises, banques, Etat....) impliqués dans un même circuit économique.
 D'une année sur l'autre, il a été consommé la même somme d'aliments, pas forcément dans des quantités identiques pour chacun des agents ni même pour chacun des articles alimentaires (pomme, viande, beurre...)  mais l'ensemble de toutes ces consommations agglomérées est équivalent en termes monétaires à l'ensemble des consommations alimentaires de l'année précédente. Les fabricants d'automobiles ont vendu le même nombre de véhicules venus remplacés les modéles plus anciens arrivés en fin de vie. On a bati pour la même somme de routes ou d''immeubles que l'année précédente de la même manière que l'on en a détruit autant.  Il avait été planté 30 ans plus tôt autant d'arbres qu'il en a été abattu cette année et l'on en a replanté autant qu'il en sera abattu dans 30 ans. Les naissances sont venues équilibrer économiquement les disparitions, non en nombre d'individu mais en poids économique (les besoins d'un nourrisson ne sont pas ceux d'un personne agée).
Et ceci tout en permettant aux gens composant cette communauté économique de satisfaire la plupart de leurs besoins et de se satisfaire de ces satisfactions.
Est il insensé de penser qu'une telle société puisse exister ?
Pas plus que d'imaginer un homo economicus rationalisant à tout bout de chant dans chacune de ses décisions en fonction d'informations instantanément mises à sa disposition.
Il est clair que pour qu'une telle société soit possible il faut en expurger toute envie de lucre ou d'appat du gain. Tous les individus qui la composent doivent se satisfaire d'un certain niveau de vie non pas uniforme mais s'équilibrant dans l'ensemble de la communauté.
On peut aussi à trés juste titre rétorquer qu'une telle société est impossible de par la nature même de l'espéce humaine. Mais le but ici n'est que de démontrer que la croissance ne doit pas être l'objectif premier de toute communauté économique. Non l'objectif premier devrait être de tendre vers la satisfaction des besoins individuels et collectifs. Et ce bien sûr en fonction des ressources dont disposent la société.
Voilà qui rappelle étrangement un être qui raisonne dans ses choix économiques pour obtenir la meilleure satisfaction de ses besoins en fonction des ressources disponibles. Cet être aussi abstrait que la société ici décrite s'appelle pour certains économistes dit classiques "l'homo economicus".
De plus on peut dire qu'existent de telles communautés économiques qui subviennent aux besoins de leurs agents en ne prélevant que les ressources naturelles necessaires pour la satisfaction de ces besoins et qui font prévaloir la communauté avant l'individu, des communautés pour qui "gagner plus " ne signifie rien du moment qu'on a satisfait à ses besoins,des sociétés humaines qui gérent les ressources naturelles à leur disposition pas pour en dégager le lucre maximum. Ces communautés on peut les trouver aux fins fonds des forêts équatoriales au Brésil, en Afrique ou en Papouasie.
Attention il n'est pas question ici de tomber dans un quelconque angélisme néo-rousseauistes, ni même de proner un retour dans le passé. Non il s'agit juste de dire qu'une société qui ne recherche pas la croissance économique existe. Et que la recherche du profit est loin d'être le moteur unique de tout être humain et de toute société humaine.
Tenir et Résister

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