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le cri du peuple

CPE : la jeunesse n'est pas une tare

9 Avril 2006 , Rédigé par jacques vingtras Publié dans #lecridupeuple

Vendredi après avoir vu séparement tous les représentants des principales centrales syndicales de salariés, étudiants, lycéens et patrons, Bernard Accoyer dans une lapidaire déclaration a annoncé qu'une synthése sera dégagée pour élaborer dans la concertation une proposition de loi sur le CPE. Cette proposition de loi pourrait être prête lundi et présentée en présence de Villepin ainsi que d'autres ministres dont Sarkozy.

Le Figaro de Samedi devait publier un entretien de Nicolas Sarkozy dans lequel il annoncait des propositions pour sortir de la crise. Cette publication a été dans un premier temps reportée, à la demande de Chirac selon certaines sources,  avant d'être ajournée sine die par le sinistre de l'intérieur "compte tenu des contacts en cours" selon son entourage.

On ne peut que constater que ce qui préoccupe les deux prétendants à la magistrature suprême du parti populiste c'est de pouvoir se placer comme celui qui aura su sortir le pays du bourbier CPE pour en tirer les avantages le moment venu. Rappelons nous aussi que cette crise majeure est quand même leur oeuvre commune avec Sarko comme inspirateur du CNE et du CPE et Villepin comme installateur pour couper l'herbe sous le pied de son adversaire de ces deux mesures controversées.

Il semblerait selon certains journaux que l'on se dirige vers une substitution du CPE par un contrat aidé plus ciblé vers les jeunes en difficulté reprenant ou s'inspirant des contrats élaborés par Fillon alors qu'il était ministre des affaires sociales.

Encore un contrat aidé! C'est vraiment histoire de dire que l'on annule pas purement et simplement le CPE.

La multiplication de tous ces contrats aidés destinés aux jeunes entrant sur le marché du travail, accompagnés de mesures fiscales, de ristournes sur les charges sociales ou autres subventions pour des rénumérations très souvent proches du SMIC voire inférieures, aboutit probablement à donner du jeune une image négative aux yeux des employeurs potentiels. En clair les entreprises peuvent penser que  si on les incite à embaucher des jeunes contre des avantages financiers c'est que c'est une  main d'oeuvre mal formée, sans expérience et de "moins bonne qualité".

La jeunesse n'est pas une tare même sur le marché du travail

Plutôt que de répéter les supposés défauts du jeune travailleur on devrait insister sur les qualités propres de cette jeunesse. Effectivement beaucoup de jeunes sont peu ou mal formés mais on se forme et on s'adapte beaucoup plus facilement quand on a vingt ans que quand on en a quarante. Le manque d'expérience plutôt que d'être perçu comme un défaut devrait être considéré comme un avantage de pouvoir former dans l'esprit de l'entreprise un jeune qui n'a par essence aucun a priori puisque pas d'expérience. La jeunesse c'est aussi une réelle capacité d'adaptation, souvent plus de créativité. Combien d'entreprises meurrent du fait de n'avoir pas su intégrer des jeunes dans leurs effectifs? Il faut inciter les entreprises à investir dans la jeunesse pas pour des raisons comptables et financières de court terme mais parce que c'est l'avenir à long terme de ces entreprises.

 

Si l'on devait mettre en place des mesures pour favoriser l'emploi des jeunes on pourrait par exemple aider les employeurs, ayant dans leurs salariés des babyboomers susceptibles de partir en retraite dans un délai moyen de un an ou deux, à recruter des jeunes. Ces jeunes seraient mis en binome avec des futurs retraités qui, durant la période leur restant à passer dans l'entreprise formeraient leur remplaçant. La rémunération du jeune pourrait être assurée par les Assedics et l'entreprise pour atteindre au minimum un SMIC. On pourrait prévoir aussi un départ du salarié ancien avec un passage au temps partiel gradué diminuant dans le temps avec une prise en charge de sa perte de salaire par les caisses de retraite. L'employeur tirerait un avantage d'un remplacement en douceur tout en gardant une certaine transmission du savoir.

A ceux qui reprochent aux  personnes qui sont contre le CPE et le CNE d'être dans la critique constante et sans proposition on peut dire que des solutions sont possibles  et ce même à l'heure de la mondialisation. Mais pour cela il font rompre avec cette idée que le libéralisme, la déréglementation et la loi du marché  sont les seules issues.

Tenir et Résister

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clovis simard 30/06/2013 04:02


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