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le cri du peuple

Au nom du Pése, du Fric et du Saint Grisbi (1)

23 Octobre 2008 , Rédigé par jacques vingtras

Depuis le début de la crise chaque jour nous apporte son lot de banques ou compagnies d'assurances en faillite,  qui sont nationalisées ou rachetées ou dans lesquelles les Etats  réinjectent de l'argent. Et à chaque fois les journaux évoquent des pertes se chiffrant en milliards d'Euros ou Dollars.  Le FMI estime même que le total des pertes devrait approcher 1400 milliards de dollars. A l'annonce de ces sommes on peut se demander :"mais où est passé tout cet argent?". La monnaie ça disparait pas comme ça. Il y en a qui ont du s'en mettre plein les fouilles. Et pas que des dirigeants ayant sauté avec des parachutes dorés, comme voudraient nous faire croire certains (marié à un ex-top model par exemple).
Pour tenter de nous expliquer les causes et les conséquences de la crise, on voit défiler sur les écrans de télé les "Raymonds la Science" qui nous expliquent que c'est  compliqué, qu'il s'agit de haute finance que même les banquiers ont du mal à comprendre mais aucun ne répond à la seule question que l'on devrait se poser, à savoir "Où est passé le pognon ?".....

Essayons  de comprendre d'où il venait tout ce bon grisbi qui a disparu.

Au début était l'immobilier américain.

Dans les années 2000, les banques commerciales Etats Uniennes voulant profiter du boom de l'immobilier se mirent à accorder des prêts à des personnes ne présentant pas toutes les garanties courantes. Les prêts accordés étaient des prêts hypothécaires garantis par un bien immobilier qui, compte tenu du marché que l'on pensait en hausse perpétuelle  vaudrait toujours plus que le prêt accordé. Ces prêts un peu hasardeux portent le joli nom de subprime.

En 2002 John Smith veux acheter une maison de  100,000 dollars au promoteur   Asshole Building Corporate. Seulement voilà, travailleur précaire, il ne présente pas toutes les garanties et n'a aucun apport personnel. Qu'à cela ne tienne.
Il va dans une agence de la First Greedy Bank qui  va  lui proposer un prêt couvrant la totalité de son financement .
Cet emprunt sera remboursable sur 28 ans à un taux promotionnel initial de 2.5% les deux premières années (soit une mensualité 415 dollars). Ensuite le  taux sera  variable et indexé sur le taux directeur de la Fed (1.25% en 2002) ce qui donnera un taux   de 3.12%  pour une mensualité de 447 dollars.
Il faut savoir que les prêts accordés par les banques commerciales générent une création de monnaie. Il suffit pour ces établissements de disposer auprès de la banque centrale de réserves monétaires  correspondant à un pourcentage du montant de l'ensemble des prêts accordés.
En accordant ce prêt à John Smith , la banque va donc créer de la monnaie à concurrence de 100,000 dollars.
Cette somme finira sur le compte de Asshole Builging Corporate. .
Comme garantie la banque aura l'hypothéque sur une maison de 100.000 dollars mais dont, compte tenu du marché immobilier de l'époque, la valeur ne manquerait pas d'augmenter. Enfin c'est ce qu'espérait la banque.

On peut se demander si Sarkozy,  qui n'était pas encore le pourfendeur de la finance crapuleuse qu'il veut apparaitre aujourd'hui, pensait à ce type de prêt quand il clamait du haut des tribunes électorales son voeu de voir s'installer une France de propriétaires.

Fin du premier acte.

Les banques toujours avides de liquidités, ne serait ce que pour pouvoir générer encore plus de crédit, ont recours à une technique financiére initialisée dans les années 70 : la titrisation. Cela consiste à transférer à des investisseurs des créances (des prêts par exemple) en les transformant en titres financiers négociables émis sur le marché des capitaux par des sociétés écran. Pour cela les banquiers regroupent dans un portefeuille plusieurs créances similaires (prêts immobliers) puis divisent ce portefeuille en titres appelés ABS, CDO, RMBS....qu'ils proposent ensuite aux investisseurs toujours via la structure écran créée. Les ABS et consorts peuvent à leur tour être incorporés dans des portefeuilles de titrisation et ainsi de suite... Enfin pour se protéger les fonds qui gérent ces titres peuvent souscrire une assurance couvrant les risques d'impayés....


Ainsi dans l'exemple de John Smith, la First Greedy Bank a constitué un portefeuille de 10 subprimes de 100.000 dollars chacun. Elle a ensuite divisé ce portefeuille de 1.000.000 dollars en 500 RMBS de 2000 dollars de valeur nominale.
La banque Pic, Soux et Blé de Paris fleurant la bonne affaire a acquis en 2003 ,150 de ces titres au prix du marché de 2200 dollars chacun. Cette banque peut donc inscrire dans ces actifs 330.000 dollars de titres de la First Greedy Bank qui a elle encaissé via sa structure écran 1.100.000 dollars en liquidité (500 titres à 2200 dollars) qu''elle a quasi immédiatement transformé en nouveaux prêts. Pour se garantir contre les impayés la First Greedy bank a souscrit une assurance auprès de Amarican International Group AIG.

Ainsi si on fait un petit bilan comptable de chacun des intervenants on a :

Société immobiliére Asshole Building Corporate :
100.000 dollars de liquidité fruits de la vente de la maison

John Smith :
 415 dollars à rembourser tous les mois pendant deux ans puis 447 dollars (si le taux directeur de la Fed n'évolue pas)

First Greedy Bank :
150.000 dollars (prêt + intérêts) de créances sur John Smith.
1.100.000 dollars de liquidité aussitot réinjectés pour créer de nouveaux crédits

Pic Soux et Blé
330.000 dollars d'actifs.

Ce qui transparait de tout ce montage c'est d'abord une cupidité presque immorale de la banque.
Ainsi elle n'hésite par à  prêter de l'argent à une personne dont elle connait la faible solvabilité tout en misant sur la valeur que pourrait prendre le bien immobilier mis en hypothéque pour garantir le prêt. Elle pense pouvoir bénéficier d'une quasi sécurité et fait supporter à l'emprunteur la majorité des risques. 
Ensuite on notera la dérive des produits financiers par rapport à l'économie réelle. L'argent devient presque virtuel. Ce n'est plus que des sommes que l'on inscrit dans des bilans. Les investisseurs qui acquièrent des RMBS (Résidential Mortgage Backed Security) n'ont aucun lien direct avec les personnes qui ont emprunté. Il y a au moins trois niveaux intermédiaires : la banque qui prête, la structure qui gére le portefeuille de titrisation, les structures qui gérent les RMBS. Sans compter les niveaux supplémentaires en cas d'incorporation de ces RMBS dans un autre portefeuille ABS et autres... Et chaque fois que l'on franchit un échelon on a un sentiment de sécurité financiére accru. Ce qui est normal puisque l'image du risque s'estompe avec la distance. Ainsi l'on croit atténuer le risque mais en réalité on diffuse un virus inactif dans un premier temps qui risque de se réveler foudrouillant pour les investisseurs, les banques et compagnies d'assurance pour au final atteindre l'économie réelle.

Fin du deuxième acte.

A suivre.....

Tenir et Résister

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PhD dissertation 01/12/2009 14:54


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PhD dissertation


La république du peuple 21/10/2008 20:00

Tout le fait réside , à créer de la monnaie , échangeable sur le marché , à partir de promesses , de simples reconnaissances de dettes, de travail à venir , et non accompli . .. bizarrement , personne dans les médias , ne soulévent ce processus de création de la monnaie,  pervers en soi  , que les gouvernants ont accordé aux banques ( privées ) .