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le cri du peuple

Bénie soit la Laicité

13 Septembre 2008 , Rédigé par jacques vingtras

La venue dans notre beau pays de monsieur Joseph Alois Ratzinger, nationalité allemande, religion catholique (comme le précise  sa fiche Edvige) plus connu sous le surnom de Benoit XVI (BXVI pour faire plus jeune) relance le débat sur la laicité. Ou plutot sur la conception que s'en fait Sarkozy, chanoine de Saint-Jean-de-Latran.
Pour lui  comme la discrimination la laïcité  doit être "positive". Parce que, ignorants que nous sommes, nous ne le savions pas mais la laicité peut être "positive".  Et s'il existe une laicité "positive" il doit en exister une "négative"en toute logique.


Déjà interrogeons nous sur ce qu'est la laicité.
 Elle fait partie de ces concepts dont on a souvent une vague idée de ce qu'ils représentent mais qu'on arrive jamais à définir.

Définitions du  dictionnaire de l'académie française (8ème édition) : 

LAÏQUE (du lat. laïcus, qui vient d'un terme dérivé du mot grec signifiant peuple)
adj. des deux genres
Qui n'est ni ecclésiastique, ni religieux, ni du clergé séculier, ni du clergé régulier. Il signifie aussi Qui est étranger à toute confession ou doctrine religieuse


LAÏCITÉ
n. f.
Caractère de neutralité religieuse d'un établissement d'instruction ou d'assistance, d'une loi, d'une institution.
On peut dire que dans les faits la Laicité c'est la séparation de ce qui est religieux d'avec ce qui est civil.

Concrétement en France la laicité se traduit par la séparation de l'Eglise (on pourrait dire des églises) et de l'Etat instaurée par la loi de 1905.

Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat

« La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes, sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public. » (art. 1er).

« La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucune culte (...) [sauf pour] les dépenses relatives à des exercices d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons (...) » (art 2).

« Les cérémonies, processions et autres manifestations extérieures du culte sont réglées en conformité de l'article 97 du Code de l'administration communale. Les sonneries de cloches seront réglées par arrêté municipal, et en cas de désaccord entre le maire et l'association cultuelle, par arrêté préfectoral » (art. 27).

« Il est interdit (...) d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices du culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. (...) » (art. 28).

Il ressort de ces définitions et textes de loi que la laicité ne signifie en rien la lutte contre la religion. Elle ne saurait être confondue avec l'athéisme ou même l'agnosticisme.

La laicité fonctionne dans les deux sens.
D'une part la République reconnait et garantit la liberté de chacun de  croire (ou ne pas croire) et pratiquer sa religion. Implicitement elle ne se méle donc pas de choses religieuses.
D'autre part la religion n'a pas de fondement à se meler de la chose publique ni même à être financer par l'Etat.

Selon Sarkozy une laicité "positive" est une laicité qui ne lutte pas contre la religion. Ce qui implique que jusqu'alors la laicité en France était "négative" combattant bec et ongles la religion pour la chasser de l'esprit des citoyens.

Mais à part la loi interdisant les foulards islamiques dans les écoles de la République (et encore il ne s'agissait là que d'affirmer le principe de la laicité),on peut dire que c'est plus souvent le principe de la laicité qui a été écorné par la religion. Par exemple pour le financement des écoles dites "libres" par les communes.

Le chanoine de Saint Jean de Latran n'hésite pas non plus à placer la morale religieuse au dessus de la morale laïque quand il dit "dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur...". Le problème c'est que le chanoine en question se trouve être aussi Président d'une République laïque.

Déjà en 2004 le ministre des cultes de l'époque un certain NS donnait sa vision de la laicité telle qu'elle doit être en France dans un livre intitulé : La République, les religions, l'espérance (tout un programme!) dont voici quelques extraits révélateurs : 

La religion est un élément civilisateur " autrement dit for la religion pas de civilisation

Il est certain que les valeurs chrétiennes ont été civilisatrices en Europe et leur influence dominante (…). On peut donc évoquer la primauté des racines chrétiennes de l’Europe quand on se place sur le plan historique " avançait il avant de demander qu'on inscrive l'héritage religieux dans le préambule de l'ex future constitution Européenne (recalée à la suite du référendum Français de 2005).

"Il est préférable que des jeunes puissent espérer spirituellement plutôt que d’avoir dans la tête comme seule "religion" celle de la violence, de la drogue ou de l’argent. " Selon lui, « l’esprit religieux et la pratique religieuse peuvent contribuer à apaiser et à réguler une société de liberté ".

"On ne peut pas éduquer les jeunes en s’appuyant exclusivement sur des valeurs temporelles, matérielles, voire même républicaines ". C'est pour cela qu'il a réintroduit les cours de morale à l'école primaire.

Pour appuyer son désir de modifier la loi de 1905 afin de permettre le financement des édifices religieux par de l'argent public il n'hésitait pas à argumenter qu' "on trouve naturel que l’État finance un terrain de football, une bibliothèque, un théâtre, une crèche ; mais à partir du moment où les besoins sont cultuels, l’État ne devrait plus engager un centime ! " oubliant au passage que les édifices religieux ne s'adresse pas à l'ensemble des citoyens mais uniquement à la communauté des fidéles.

Il disait aussi son désir de voir en France s'installer un certain communautarisme probablement pour tenter de greffer en France le modéle américain dont il est un admirateur avoué et qui l'a inspiré aussi pour sa proposition de "discrimination....... positive".

Pour résumer la pensée Sarkozyenne en matière de laicité, fortement inspirée voire influencée par les cathos ultra de son cabinet comme Emmanuelle Mignon ancienne scout ou Patrick Buisson ancien de "Minute" journal d'extréme droite, la laicitié "positive" c'est une laicité assouplie, diminuée et remise en cause. C'est tout simplement le retour de la religion dans les affaires de l'Etat.

Tenir et Résister



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Doc ILTO 15/09/2008 15:01

La république est laïque,la France est Chrétienne:De Gaulle.