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le cri du peuple

Vérités et mensonges sur le CNE CPE

22 Mars 2006 , Rédigé par jacques vingtras Publié dans #lecridupeuple

Aujourd'hui 22 mars un journal avance que si de Villepin ne veut pas de retrait, suspension ou dénaturation du CPE et affiche une telle fermeté, c'est avant tout pour conforter sa position vis à vis de l'UMP et s'imposer comme le chef de la majorité.

Samedi 18 mars, au soir d'une manifestation qui a mobilisé entre 503 600 et 1,5 millions de personnes, le villepino-néo-sarkozyste porte parole du gouvernement JF Copé annonce, dans le 19/20 de France 3, qu'aucun retrait du CPE ne sera fait. Le gouvernement propose aux syndicats une concertation sur des aménagements possibles et aussi une évaluation de la mesure dans 6 mois.

Pourquoi ne pas faire déjà une évaluation sur le CNE, modèle du CPE, qui est mis en place depuis plus de 7 mois ? Ne serait-ce que pour démontrer le succés dans la lutte contre le chômage que connait ce contrat, selon le gouvernement.

En effet déjà plus de 300 000 CNE auraient été signés et le chômage a connu une baisse importante dans le même temps.

Copé tout à son entousiasme n'hésite pas à faire le lien entre les deux données, laissant à croire aux téléspectateurs que la baisse du chomage et dû aux CNE. C'est Faux !!!

En effet, le nombre de demandeurs d'emploi inscrits aux Assedic (et non de la totalité des chomeurs) a baissé de 130 000 en 2005. Sur les chiffres du chomage d'ailleurs plusieurs syndicats dénoncent les pressions exercées par le gouvernement sur les personnels des organismes de statistiques dans leur travail particulièrement sur le lien entre créations d'emploi et baisse du chômage. Le nombre d'allocataires du RMI a lui augmenté de 50000 pour atteindre 1.2 million de personnes. En 2005, il y a eu 137 000 créations nettes d'emploi dont seulement 52300 dans le secteur concurrenciel (celui du CNE) le reste étant dû aux contrats aidés mis en place par le gouvernement. Les emplois créés dans le secteur concurrenciel l'ont été en partie par les entreprises non éligibles au CNE (+ de 20 salariés). Enfin il faut rappeler que l'effet du papy-boom a aussi eu un rôle non négligeable dans la baisse du chômage : on estime à environ 50000 le nombre de remplacement des salariés partis à la retraite en 2005.

Un sondage trés interessant fait par le cabinet Fiducial, auprès de 300 chefs d'entreprises représentatifs des entreprises de moins de 20 salariés ayant eu recours au CNE, permet de mieux cerner l'impact du CNE sur le chômage.

20% des CNE conclus d'Août à Décembre 2005 (époque à laquelle l'enquête a été faite) étaient selon les patrons interrogés des créations d'emplois.

71% correspondaient à des recrutements qui auraient été faits même si le CNE n'avait pas existé. Pour 60% de ces contrats, les embauches auraient été faites en CDI. Ce qui montre que le CNE et sa période d'essai de deux ans aurait plutôt tendance à précariser encore plus les salariés.

Enfin 12% des CNE avaient déjà été rompus pour 5% par les employeurs (il faut toutefois se méfier de ce dernier chiffre puisqu'il est obtenu à partir des réponses d'employeurs).

On constate donc qu'une analyse un peu poussée des chiffres semble indiquer que le poids du CNE dans le recul du chomage reste trés limité. Par contre on peut dire qu'il augmente la précarisation des salariés en se substituant majoritairement à des CDI.

Le CNE et son petit frère le CPE n'ont été mis en place par le gouvernement pour repondre à une demande de flexibilité de la main d'oeuvre de la part du patronnat. Ils doivent lever les barrières à l'emploi que constitueraient, selon les libéraux, les procédures de licenciement. Faciliter la rupture du contrat conduit à faciliter l'embauche.

Voilà le vrai but de ces contrats. Faire du travail un facteur de production comme les autres et ce même au prix d'une précarisation accrue pour les salariés.

Le CNE et le CPE ne sont que des étapes vers un CDI précaire généralisé, appliqué à toutes les entreprises et à tous les salariés pour moderniser (selon la propagande de l'UMP) le code du travail. Villepin et son ministre de l'intérieur président du parti majoritaire sont au moins d'accord sur ce point avec une différence cependant entre les deux : Villepin limite la précarité à deux ans alors que Sarkozy ne veut y mettre aucune limite et permettre le licenciement à tout moment.

Il ne faudra pas l'oublier en 2007 quel que soit le sort du CPE.

Tenir et Résister

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Philippe 24/03/2006 09:19

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renover maintenant 22/03/2006 21:23

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